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Colloque « Grands adolescents et jeunes adultes : entrée dans la psychose » - 19 Mars 2014

agapsy2Mercredi 19 Mars 2014, l'association GUY RENARD était présente et intervenait au cours d'un colloque organisé par AGAPSY  axé sur un trouble tendant à se développer de plus en plus et davantage chez les jeunes adultes : la Psychose.

Qu’est-ce que la psychose ? Ce mot est utilisé pour décrire les troubles qui touchent le cerveau et qui créent une perte de contact avec la réalité. Lorsque quelqu’un souffre d’un tel trouble, on dit qu’il a un épisode psychotique.
Environ 3 jeunes sur 100 connaissent un épisode psychotique ; la psychose est ainsi beaucoup plus courante chez les jeunes que le diabète. La psychose peut toucher n’importe qui, mais comme toute autre maladie, elle peut être traitée.

Ce colloque est axé sur la détection de la psychose et les propositions de soins, la réinsertion sociale du patient, mais également sur d'autres manifestations méconnues des troubles psychiques : qu’est-ce que la décompensation psychique ? la claustration à domicile appelée " Hikikomori " ? Nous reviendrons sur tous les sujets importants de ce colloque.

 

Sommaire

La Personne de Confiance

Les Obstacles au soin

Le Refus de soins

Les troubles psychiques et la scolarité

La Décompensation Psychique

L’Association Nationale Maison Des Adolescents (ANMDA)

Réseau Galaxie

Psymel

Le Parcours en 4 temps

La Claustration à domicile / « Hikikomori »

Syndrome d'Asperger

Appartement Relais

 

 La Personne de Confiance

Professeur Philippe JEAMMET

 Le procédé de la personne de confiance n'est hélas pas souvent mise en place. Or, c'est important car ce sont à ces personnes que les médecins peuvent s'ouvrir. L'ARS travaille sur la mise en place de la personne de confiance et fait des études sur le sujet (intervention Pr. Philippe JEAMMET)
En quoi consiste ce procédé ?

Parmi les grandes mesures de la loi du 4 mars 2002, la possibilité pour le patient de désigner une personne de confiance reste peu connue, tant par les professionnels de santé que par les patients.
L’article L 1111-6 CSP (Code de la santé publique) pose comme principe :

« Toute personne majeure peut désigner une personne de confiance qui peut être un parent, un proche ou le médecin traitant, et qui sera consultée au cas où elle-même serait hors d'état d'exprimer sa volonté et de recevoir l'information nécessaire à cette fin. Cette désignation est faite par écrit. Elle est révocable à tout moment.
Si le malade le souhaite, la personne de confiance l'accompagne dans ses démarches et assiste aux entretiens médicaux afin de l'aider dans ses décisions.

Lors de toute hospitalisation dans un établissement de santé, il est proposé au malade de désigner une personne de confiance dans les conditions prévues à l'alinéa précédent. Cette désignation est valable pour la durée de l'hospitalisation, à moins que le malade n'en dispose autrement.

Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas lorsqu'une mesure de tutelle est ordonnée. Toutefois, le juge des tutelles peut, dans cette hypothèse, soit confirmer la mission de la personne de confiance antérieurement désignée, soit révoquer la désignation de celle-ci»
Le médecin ou l’équipe qui vous prend en charge, consultera en priorité la personne de confiance que vous aurez désignée.
L’avis ainsi recueilli auprès de la personne de confiance guidera le médecin pour prendre ses décisions.

 

Les obstacles aux soins

Docteur Anne-Marie GUEDJ

« Agir tôt c'est soigner mieux ».
Malheureusement appréhender la maladie s’avère aussi difficile que l’accepter et l’affronter.

Les principaux obstacles sont :

1-    Le Déni, à savoir la non-considération d’une partie ou de la totalité de la vérité.
En l’occurrence ici ne pas accepter sa maladie, nier son existence, une façon peut-être de la rejeter et oublier. Ainsi dans le dénit, l’espoir que celle-ci disparaisse ?

2-    le Secret Médical
 « Toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement, un réseau de santé ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant. »

3-    la Charte des Traitements et Liberté et le refus de soin.

 

Le refus de soins

Le refus de soins peut se caractériser par :

  • Refus d’entrée en institution

Le jugement du patient est altéré, celui-ci ne comprend pas la nécessité / le danger qu’il encoure à refuser l’entrée en institution. S’ensuit donc souvent des refus catégoriques et  plus ou moins violents.

Le dialogue avec le patient sera primordial, son écoute, le laisser s’exprimer librement sur ce « cap » difficile à accepter dans sa vie, qui conduira nécessairement à l’abandon de son domicile et de sa vie antérieure.

Le début de la maladie/sa découverte/son acceptation reflète le début d’une « autre vie » …

  • Refus d’hospitalisation
  • Refus des soins quotidiens de base

(ex : toilettes au quotidien)
A un stade plus évolué de la démence, on sait que les soins d’hygiène corporelle, et plus généralement les soins qui touchent à l’intimité du patient peuvent entraîner opposition et attitude de refus.

Cela requiert du temps, de la patience, et demande une formation adaptée pour les soignants, par exemple selon la méthode Gineste Marescotti, qui a fait ses preuves : cette méthode est un ensemble de théories et pratiques originales pour améliorer les soins et le prendre soin des personnes en établissement et à domicile.

Sans le soutien d'un proche, la personne atteinte de troubles psychiques ne peut y parvenir. Il y alors un risque très important de sombrer dans l’alcool, la drogue voir la prostitution, etc...  
Soit une recherche de l’auto-destruction.

 

Les troubles psychiques et la scolarité

Docteur Dominique MONCHABLON, Psychiatre (FSEF)

 Des troubles psychotiques non traités constituent un frein dans les études.

  • Comment traiter le trouble, une fois repéré ?  

1 - Il faut un médecin scolaire de prévention et l'accueil des parents.

Le médecin scolaire de prévention : 

L’Education nationale fait partie des rares ministères à employer des médecins pour d’autres missions que celle d’exercer une médecine préventive auprès de ses agents.
« Un médecin de l’Education nationale est chargé des actions de prévention individuelle et collective et de promotion de la santé. Ces actions sont menées auprès de l’ensemble des enfants scolarisés que se soit dans les écoles (maternelles ou élémentaires), les collèges ou les lycées », rappelle le ministère, sur son site internet.
Ses principales missions :
-    réaliser les bilans de santé obligatoires
-   élaborer des programmes prioritaires prenant en compte les pathologies dominantes et les facteurs de risques particuliers qu’il a identifiés sur son secteur. Il peut ainsi conduire des études épidémiologiques
-    contribuer à la formation des personnels et aux actions d’éducation en matière de santé auprès des élèves et des parents menées en collaboration avec la communauté éducative
-    concourir à l’adaptation et à l’orientation des élèves, notamment par la participation aux diverses commissions de l’éducation spécialisée.

2 -  L’idéologie des professeurs et infirmière aura une grande incidence sur la manière dont le jeune malade va appréhender la maladie.

3 -  Via des centres de gestion de crise, structure de soins, impliquant une grosse réactivité et une très bonne coordination avec les structures scolaires.

 

  • Comment peut-on repérer les troubles psychiques?

Il n'y a pas de signes réellement mais il pourra s’agir entre autres dans certains cas :

-    de bouffées délirantes constatées par l'infirmerie. La bouffée délirante est une psychose délirante aiguë, un état proche du rêve, ou "oniroïde". Cette maladie psychiatrique est classée dans les psychoses aiguës de l'adulte. L'éclosion du délire est soudaine, de manière polymorphe et transitoire. L'expérience délirante est vécue avec une conviction absolue.
-     de baisse des performances scolaires notées par les professeurs
-     des absences répétées
Parmi les étudiants,  25% d’entre eux ont des fragilités psychiques.

L'insertion professionnelle révèle une décompensation psychique.

 

La Décompensation Psychique

Dans certaines maladies, des troubles, comme par exemple une insuffisance cardiaque peuvent être pendant un certain temps « compensés » : c'est à dire qu'ils existent potentiellement, mais que leurs conséquences néfastes n'apparaissent pas du fait de défenses, de ressources qui les équilibrent.
Quand cet équilibre est rompu, le trouble va se manifester, il ne sera plus "compensé" par autre chose, la maladie sera dite "décompensée".
Par analogie, les troubles psychiques de tous ordres (dépression, psychose, etc.) peuvent être dits également compensés.

Si la personne bascule dans un effondrement de ce qui lui permettait de compenser (refoulement, soutien social, etc.) alors l'apparition d'un symptôme spectaculaire (passage à l'acte, aggravation brutale ...) sera appelée décompensation, par analogie avec la médecine organique.

Le concept soins et études initiée par la Fondation Santé des Etudiants de France (FESF) est une possibilité/capacité aujourd’hui ouverte aux jeunes atteints de troubles psychiques afin d’éviter toute déscolarisation ou tout freins à leurs ambitions.

Ce thème a été l’objet d’un précédent colloque du 7 Mars 2014 auquel participait et intervenait l’association GUY RENARD.

Pour retrouver le résumé de ce colloque, cliquez ici.

 

L’Association Nationale Maison Des Adolescents (ANMDA)

L’association accueille les adolescents de 11 à 25 ans (l’âge dépend des structures).  Elle conseille et informe par téléphone, fournit des soins et des informations juridiques. Il s’agit d’une petite structure avec guichet unique.

Les services proposés sont gratuits et anonymes si besoin, avec ou sans rendez-vous. Il est important que l’adolescent se sente à l’aise afin de lui permettre de s’approprier le lieu. L’accueillant accompagne et établit avec lui des objectifs, tout en le laissant acteur dans son projet.

Ses missions :

  • L’accueil, l’écoute, l’information, l’orientation
  • L’évaluation des situations
  • La prise en charge médicale et psychologique
  • L’accompagnement éducatif, social et juridique

L’accueil est donc gratuit, sans parents ni autorisation parentale nécessaire, car cela représente très souvent une grosse barrière. L’ANMDA relie beaucoup de structures préexistantes et établit un lien entre le collège, les familles et les éducateurs. Elle accompagne les jeunes le temps nécessaire jusqu’à la sortie du problème.

Il y a besoin de pluridisciplinarité, de travailler avec les parents (dont le père est souvent absent), et il faut surtout du temps.

 

Réseau Galaxie

Depuis plusieurs années, le Réseau Galaxie mène des études et des actions relatives aux handicaps psychiques et plus particulièrement, relatives à l’accompagnement des personnes malades en vue de favoriser leur insertion socioprofessionnelle, leur intégration, pour un accès à la citoyenneté.

L'accompagnement vers l'emploi est une démarche essentielle dans le soin. Il y a là tout un travail d'équipe et de notion de partenariat avec les psychiatres.

 

Psymel

Il s’agit d’un réseau de psychiatres en mission locale depuis 1995 qui propose une écoute spécialisée des jeunes en mal-être et permet de rompre l'isolement professionnel.

 

Le Parcours en 4 temps

Professeur Krebs

Des centres d'évaluation pour jeunes adultes et adolescents ont été crées en 1999 : la consultation s’y effectue dans un délai raisonnable de 14 jours et le dépistage, et prise en charge, entre 14 et 25 ans.

C'est une structure de recours où le parcours s’organise en quatre temps :

  • entretien patient famille (consultation longue)
  • évaluation psychique (70% des personnes sont prises en charge assez tôt) : détermination des sujets à hauts risques, bilan neuropsychologique et psychologique, problèmes métaboliques apparaissant avec la croissance.
  • temps de la restitution : prise en charge thérapeutique.
  • temps de réévaluation.

Travail en coordination avec les missions universitaires.

 

La claustration à domicile / « Hikikomori »

Le terme hikikomori à pour racine les kanjis japonais et se traduit littéralement par "se confiner, se retrancher".

Il s'agit d'une pathologie psychosociale et familiale qui se caractérise par le retrait plus ou moins total d'une personne de la société, la réclusion volontaire chez soi (ou au crochet de ses parents) et l'absence progressive de communication qui s'installe avec l'entourage familiale et sociale. (travail, école, personnes proches, administrations...).

La communication virtuelle prend le pas sur celle de visu grâce à l'internet. Cette période de repli sur soi peut durer des mois comme des années.

Ce trouble débute principalement à l'adolescence ou chez les jeunes adultes. L'âge moyen d'un hikikomori est évalué à 26 ans. Il est important de savoir que l'hikikomori n'est ni grabataire, ni autiste, ni retardé mental. La raison de leur comportement est purement sociale.

Ce n'est pas un problème spécifique au Japon.

Comment passe t-on à la claustration ?

L'adolescent n’arrive pas à se différencier et effectue donc un retour vers le cordon ombilical. Il critique le monde violent qu'il ne veut pas ou n’a pas le courage /la force d’aborder.

De leurs côtés, les parents se heurtent à une image idéalisée de l'enfant alors que l’enfant réel est caché.

On parlait précédemment avant de psychose sans délire quoi serait facteur d'immobilisme, celui-ci traducteur de refus social. Il n'y a plus de désirs ni d'émotions de la part de l’adolescent, allant même jusqu’à la fuite des situations émotionnelles. Le corps est à la limite de la maltraitante mais cela reste très différent du suicide.

 

Syndrome d'Asperger

Il s’agit d’un trouble du spectre autistique qui se caractérise par des difficultés significatives dans les interactions sociales, associées à des intérêts restreints et des comportements répétés. Le langage et le développement cognitif sont cependant relativement préservés par rapport aux autres troubles du spectre autistique
L'errance est l'inverse de la claustration mais elle peut la précéder.

 

Appartement Relais

Henry TEA, Chargé de Mission Association GUY RENARD et Docteur Valentine Hagmann Médecin Adjoint Hopital de jour George Sand & Dispositif Appartement Relais, CMU Georges Heuyer

L’Appartement-Relais est l’un des grands piliers de notre association.

En collaboration avec la Clinique Georges Heuyer (Paris 13e), l'Association Guy Renard gère un appartement destiné à accueillir des jeunes atteints de troubles psychiques. Véritable proposition de soins alternatifs, il est une étape intermédiaire entre la sortie de clinique et l'insertion dans le milieu non médicalisé.

Le projet Appartement-Relais a été lancé par les membres de l'équipe Georges Heuyer. L'objectif est de concevoir une proposition thérapeutique alternative construite autour du logement et d'un suivi en hôpital de jour.

Pour tout connaître toutes les informations relatives à l’Appartement Relias, cliquez ici.

Mis à jour le lundi 7 avril 2014 16:11

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